Paris, quelque part sous terre dans le 11ème arrondissement. Un flux de population s’empresse de rejoindre les quais de la station Oberkampf. L’étudiant lambda, sensiblement perturbé à l’idée de quitter le monde universitaire, s’apprête à monter dans une rame en direction de la gare de l’Est. Lassé de lutter pour sa survie à chaque passage piéton, notre anxieux compère s’est résigné à l’idée de prendre une énième fois le métro, dans cette ville où le Code de la Route ne sert visiblement qu’à stabiliser une armoire bancale.
La joue blottie contre la porte de la rame bondée, l’étudiant lambda réfléchit au sens profond qu’il doit désormais donner à sa vie. A en croire les astres, il sera probablement bientôt diplômé. Dans son entourage, de nombreux étudiants ont déjà des plans, des objectifs pour approximativement les dix prochaines années à venir. Effrayant.
Notre étudiant lambda, lui, n’a pas de plan, à part peut-être continuer à regarder Scooby-Doo le samedi matin.
Il a pourtant bien tenté de décrypter le mode d’emploi de la vie qui lui a été fourni à la naissance, mais celui-ci ressemble fortement à la notice d’utilisation d’un magnétoscope-enregistreur en ukrainien. Ceux qui ont connu les VHS comprendront ce que je veux dire (#saloperiedemagnétoscope). Il est paumé, notre enfant.
Demeurant perplexe face à ce manque cruel de directions, notre ami lambda se réfugie chez son amie la Panique. Que faire ? Continuer à vadrouiller en Europe à la recherche du temps perdu ? s’installer en région parisienne, acheter un monospace Toyota et effrayer les piétons en allant au boulot ? Rentrer en Bretagne et faire la grève de la faim jusqu’à l’obtention d’une connexion internet ADSL potable, de préférence avant le début du XXII siècle ?
Finalement, il se dit qu’il l’écrira peut-être, ce fameux livre nommé « Anxiété estudiantine et autres pathologies occidentales ». Enfin peut-être, il est jamais sûr de rien, cet étudiant lambda.