Berlin, Hansa-Viertel, 00h30 heure locale. Notre étudiant lambda continue sa folle aventure humaine, en essayant à tout prix de grimper avec succès les dernières marches de sa scolarité. Et vu son niveau sportif, c’est pas gagné d’avance. Au milieu de cette ville où la nuit a plongé la vie dans un état léthargique, notre forcené préféré et ses compères internationaux révisent à en perdre la raison. Partout, dans les salles communes, dans les chambres, dans les cuisines, c’est la crise. L’Heure est Grave.
Des étudiants ERASMUS partout, travaillent, et jurent dans leurs langues respectives devant la complexité des sciences. Nombreux sont ceux qui craquent, un instant, sous la charge de travail à abattre. Honorine* par exemple, a décidé de parler de Disneyland, pendant sa soutenance finale, car son sujet de mémoire initial « Porous ceramic scaffolds for bone tissue engineering: requirements, processing and properties » ne l’inspirait guère plus. C’est vrai que Mickey paraît plus sympathique, passée une certaine heure.
La semaine prochaine, notre étudiant lambda termine ses épreuves, peut-être les dernières évaluations universitaires de sa vie. Devant tant d’émotions, ce dernier panique et se demande ce qu’il va bien pouvoir raconter comme conneries pendant 45 minutes, lors de son oral de verre. Des conneries du genre « pourquoi j’existe ? qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi le verre est-il transparent ? Quelle est la probabilité que je me réveille à 40 ans avec l’amère impression d’avoir gâché ma vie au travail alors que j’aurais pu ouvrir un bar à chats au bord de la Rance? ». Car à ces questions, certaines réponses peuvent paraître évidentes, d’autres un peu moins.
Mais vivons au présent, on est déjà demain, et il est temps de finir ce bol de pâtes instantanées. Zeit ist Geld, de ce côté du Rhin aussi, le temps, c’est de l’argent !